Aser Julien NOGHA de nationalité Camerounaise est un incubé de la deuxième promotion de l’incubateur « Kufanya – Incubateur pour entrepreneurs migrants » . Dans cet entretien, le jeune camerounais passionné d’Art et de technologies nous présente son projet « Kull’Art » qui participe à la construction d’une industrie du jeu vidéo solide et originale sur le continent Africain.

Q1 : Pourriez vous nous parler de vous ?

Je m’appelle Aser Julien NOGHA. Je suis Camerounais, fils de parents tous deux enseignants.

J’ai un parcours académique assez atypique. Entre le collège et le lycée, j’ai succinctement suivi des études en enseignement général, ensuite en enseignement technique (électronique), puis en enseignement scientifique (mathématiques et physique), pour clôturer mon voyage par un baccalauréat en Lettres et philosophie.
Il faut dire que je suis un passionné amoureux d’Art, sous toutes ses formes ; et de technologies. C’est ce qui m’a d’ailleurs conduit à m’orienter vers une formation en GAME ART après mon baccalauréat.

Aujourd’hui, je suis 3D Game Artist (graphiste 3D pour le jeu vidéo); mais avec la volonté profonde de lancer prochainement de manière officielle ma propre boîte ; en ce sens je suis le leader de Kull’Art, que je veux sur la durée être un studio de jeu vidéo compétitif sur le continent, et hors du continent pourquoi pas !

Q2 : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à créer ce projet en Tunisie ?

La raison principale qui m’a poussée à créer Kull’Art est le souci de raconter l’Afrique, la vraie, et de participer à la construction d’une industrie du jeu vidéo solide et originale sur le continent.

J’ai toujours voulu (en tout cas au moins depuis mon baccalauréat) initier un projet allant dans ce sens.
C’est dans cette dynamique qu’à la fin de mes études, par l’accès à l’apprentissage et à un écosystème technologique en mouvement en Tunisie, j’ai pu avoir les outils pour me lancer dans l’industrie du jeu vidéo.

Q3 : Que proposez-vous comme service ou produit ?

Mon équipe et moi travaillons à la réalisation d’un jeu vidéo d’aventure éducatif, dédié au mobile.

Nous travaillons aussi, à la réalisation d’une BD (bande dessinée) dont le premier chapitre sera probablement disponible d’ici la fin de l’année.

Mais il faut noter que, limités par les moyens, nous avons élargi nos activités (design produit, design graphique, modélisation 3D, illustration, design son, programmation, …), pour offrir nos services à des tierces, dans le but effectivement de pouvoir continuer à développer notre jeu sans craindre les fins de mois et le bailleur (rire).
Nous publierons sous peu, à cet effet via notre page Facebook, un catalogue qui indiquera mieux à nos potentiels clients, en quoi nous pourrions leur être utile.

Q4 : En quoi l’incubation au sein de kufanya vous a-t-il été utile

Quand on se lance en entreprenariat, il y’a beaucoup de données qu’il faut ingurgiter, assimiler et ordonner ; des données qui dissuadent plus d’un de continuer l’aventure entrepreneuriale. L’incubation au sein de KUFANYA, nous a permis de mieux structurer notre démarche, en assimilant effectivement de manière ordonnée et objective, le flux d’informations nécessaires pour mieux cerner l’écosystème entrepreneurial, et mieux asseoir notre projet.

Q4 : Quelles sont les challenges dont vous faites face au quotidien ?

Comme la plupart des initiatives entrepreneuriales, nous manquons de fonds, de temps et d’espace. Ce qui a pour conséquence la difficulté d’emploi de main d’œuvre à temps plein.

Par effet de cumul, nous fait perdre beaucoup de temps dans le processus de réalisation du prototype de notre jeu.

Aussi, nous faisons face à des problèmes de logistiques (absence de matériel informatique) ; nous utilisons pour notre travail nos ordinateurs d’étudiants, et ça ne manque pas de nous créer des problèmes et nous ralentir.

Pour l’histoire, les ordinateurs du Développeur et du Concept Artist ont rendu l’âme il y a quelques mois, et s’en sont allés avec près de 70 % de notre avancement. Ah les joies de l’entrepreneuriat couplées aux joies de la technologie ! (Rire). En attendant d’avoir assez de fonds pour acquérir des ordinateurs, nous travaillons et évoluons comme nous pouvons.

Q5 : Comment voyez-vous votre projet dans 3 ans ?

Nous avons l’objectif d’ici là : de mettre nos produits sur le marché ; de devenir une équipe qu’il faudra compter quand on parlera de l’industrie du jeu vidéo en Afrique ; de générer assez de fonds pour mieux nous installer, et agrandir notre équipe de sorte de devenir plus compétitif en offrant à la communauté de joueurs et d’amoureux d’art et de technologies, plus de contenus originaux.

Bonus : comment avez-vous tenu le cap pendant la période de la pandémie du Covid19 ?

Face aux problèmes que nous rencontrions déjà dans notre volonté de pénétrer l’industrie du jeu vidéo, la pandémie du Covid19 au lieu d’être un tremplin pour mieux nous développer et mieux nous préparer, ne nous a pas aidé, et est venue nous séparer en nous forçant à travailler à distance ; ce qui n’est pas aisé quand on est une jeune équipe, qui cherche ses repères et pose les bases de son fonctionnement.

Nous sommes effectivement navrés pour tous ceux qui ont perdu quelqu’un suite à cette pandémie, mais nous, nous sommes debout, déterminés plus que jamais à atteindre nos objectifs, car l’industrie du jeu vidéo (et du divertissement en général), a sa place dans l’économie mondiale ; et nous ne devons pas laisser l’Afrique rester en marge de l’action.

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