D’après le dernier rapport de l’ONG Tax Justice Network, l’évasion fiscale s’élèverait chaque année à 427 milliards de dollars (360 milliards d’euros) dans le monde. En effet, l’ONG considère comme évasion fiscale tout flux financier transféré vers l’étranger en vue d’éviter une imposition, qu’il soit illégal ou non. 

Ainsi, sur les 427 milliards qui échappent à l’impôt, 245 milliards (206 milliards d’euros) sont l’œuvre de sociétés multinationales transférant leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Les 182 milliards (153 milliards d’euros) restant «résultent de l’action d’individus fortunés qui cachent des biens et des revenus non déclarés à l’étranger, hors de portée de l’application de la loi» détaillent-ils.

«c’est un rapport historique et particulièrement accablant pour les Pays-Bas (36 milliards de dollars de recettes fiscales volées chaque année aux autres pays), le Luxembourg (28 milliards), l’Irlande (16 milliards), et plus généralement pour l’UE», souligne l’économiste Thomas Piketty.

Si les régions les plus riches du monde perdent la majorité de cet argent (l’Amérique du Nord 95 milliards de dollars et l’Europe 184 milliards), ce sont les pays les moins favorisés qui sont les plus touchés proportionnellement à leur budget national selon l’ONG. «Si l’on prend la valeur relative par rapport au Produit intérieur brut (PIB), les pays les plus pauvres sont évidemment les plus impactés, confirme Eric Vernier, chercheur associé à l’Iris et spécialiste des questions de blanchiment et de paradis fiscaux. En plus, les pays en développement sont confrontés à un problème de corruption ayant un impact important sur leur fiscalité.» Et de préciser que cette corruption n’échappe pas aux pays développés.«Les multinationales exploitent les ressources des régions en développement comme en Afrique mais ne veulent pas payer d’impôts, reprend-il. Résultat : à l’aide de dirigeants corrompus, ils signent des rescrits fiscaux, accords tout à fait légaux que l’on a beaucoup vus dans les Luxleaks notamment, et qui permettent à l’entreprise de négocier un taux d’imposition très bas.»

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