L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont appelé les Etats à agir d’urgence pour secourir les migrants et réfugiés en mer Méditerranée après un nouveau naufrage meurtrier au large des côtes libyennes.

Au moins 45 migrants et réfugiés sont morts le 17 août dans un naufrage en mer Méditerranée au large de la Libye. Le moteur de leur embarcation a explosé alors qu’ils se trouvaient au large de la ville libyenne côtière de Zouara. Quelque 37 survivants, principalement originaires du Sénégal, du Mali, du Tchad et du Ghana, ont été secourus par des pêcheurs locaux, puis mis en détention après leur débarquement en Libye.

Ce nouveau naufrage en Méditerranée est le plus meurtrier enregistré au large des côtes libyennes depuis le début de l’année, ont précisé mercredi l’OIM et le HCR qui se sont dits profondément attristés par la mort tragique de ces 45 personnes, dont cinq enfants. A la suite de cette tragédie, les deux agences onusiennes appellent les Etats à réviser leur approche et à renforcer d’urgence les capacités de recherche et de sauvetage afin de répondre aux appels de détresse en mer.

« Nous craignons qu’en l’absence d’une augmentation urgente des capacités de recherche et de sauvetage, d’autres catastrophes pourraient survenir, de façon similaire aux tragédies ayant causé de nombreuses victimes en Méditerranée centrale avant le lancement de Mare Nostrum (opération de secours de la marine italienne d’octobre 2013 à octobre 2014) », ont déclaré l’OIM et le HCR dans une déclaration conjointe.

A ce jour, les deux agences onusiennes indiquent qu’il n’existe toujours pas de programme de recherche et de sauvetage spécifique dirigé par l’Union européenne (UE) en Méditerranée. Elles soulignent toutefois que les navires des ONG jouent un rôle crucial pour secourir des vies humaines en mer, dans un contexte de forte réduction des efforts déployés par les États européens.

L’OIM et le HCR estiment que « l’impératif humanitaire pour sauver des vies humaines ne doit pas être entravé, et que les restrictions juridiques et logistiques imposées au travail des ONG, doivent être rapidement levées ». Les deux agences se sont déclarées vivement préoccupés par les récents retards dans les opérations de sauvetage et de débarquement. « Nous demandons instamment aux États de réagir rapidement à ces incidents et de fournir systématiquement un port de sécurité prévisible pour les personnes secourues en mer. Les retards enregistrés ces derniers mois et l’absence d’assistance sont inacceptables et font courir des risques évitables à des personnes ».

Lorsque le bateau le plus proche capable d’effectuer un sauvetage est un navire commercial, celui-ci devrait être rapidement informé d’un port sûr afin de pouvoir y débarquer les passagers secourus, estiment l’OIM et le HCR. « Il ne devrait pas avoir pour instruction de renvoyer des personnes en Libye, où elles risquent de subir le conflit en cours, de graves violations des droits humains et une détention arbitraire après le débarquement », soulignent les deux agences.

La responsabilité d’exécution des sauvetages est de plus en plus souvent assumée par des bateaux de l’État libyen, qui ont déjà renvoyé plus de 7.000 personnes en Libye depuis début 2020. « Toute assistance et toute responsabilité confiées aux entités libyennes de recherche et de sauvetage devraient être subordonnées à la condition que personne ne soit détenu arbitrairement, maltraité ou soumis à des violations des droits humains après le débarquement », ont rappelé l’OIM et le HCR. « En l’absence de telles garanties, l’aide devrait être reconsidérée et les responsabilités redéfinies en matière de recherche et de sauvetage ».

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